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Kreyon'
Portrait de Marie-C (MariCé) Le Carff

    Anim’artiste · Présidente de KREYON’

    Marie-C (MariCé) Le Carff

    À la croisée de l’écriture, de la danse, du théâtre et du slam, MariCé développe des espaces de création, d’expression et de transmission. Son parcours personnel et artistique est à l’origine de l’élan qui a donné naissance à KREYON’.

    D’où je viens

    Il était une fois une petite fille au pouce réfugié, élément perturbateur en plein milieu d’une fratrie dont elle porte le nom. Rien de nouveau sous le soleil de Guadeloupe. Sauf que quelque chose fera toute la différence : reconnue par ce père à la naissance. Et ça, avant même la mère qui mettra elle, quelques jours. Tout est dit dans ce début de ce qui ne sera pas une fable mais une vie dans une famille monoparentale compliquée. Rien de nouveau sous le soleil de ce pays d’où je viens et d’autres encore sans doute. Mais ça je ne le sais pas encore.

    Les mots, la danse et les premiers élans

    Et puis vient l’adolescence et le besoin de poser des mots, la frénésie de danser sans que personne ne vienne la déranger. Elle passe pour un être étrange, une fille difficile à draguer. Tant mieux, ce n’est pas sa priorité, il y a des choses à oublier, des choses à évacuer. Mais ça elle ne le sait pas encore tout à fait que c’est pour toutes ces raisons aussi qu’elle danse comme ça.

    Mais il y a toujours un bel éphèbe qui ne se laisse pas décourager. Il sera le père de son premier nouveau-né, The First, Repère +++ 1 comme elle l’appelle. Pas facile d’être une jeune fille mère à la fin des années 80. Mais ce petit cœur qui bat en elle allume une lueur d’espoir, une autre possibilité de vie. Un autre avenir que va lui permettre d’envisager l’assistante sociale de la PMI de sa commune où la situation de sa famille est bien connue.

    Ô mains tendues sur la route de mon cheminement, je pense souvent à vous. Spéciale pensée pour la voisine de cette première belle-famille pas si belle que ça. Merci ô à celle qui me donna les sous pour que j’aille avec mon petit ventre passer les épreuves de mon bac anticipé de français. La note obtenue fera la différence dans mon dossier, elle y croit, mon assistante sociale. Elle croit en moi contrairement à une autre personne, une femme comme elle, une mère comme elle et qui pourtant m’accable et ne m’encourage pas.

    Le chemin vers Rennes

    Voilà qu’un jour elle débarque avec son petit bout amarré à l’Université de Rennes 2, Villejean Université ! Il faut la pincer. À Rennes toutes les conditions sont réunies : appartement près de la fac et travail à mi-temps fournis. Petite cerise sur le gâteau, le CROUS lui a proposé un immeuble où résident d’autres mamans comme elle. Même si l’appartement doit être refait et qu’elle ne sait pas comment on fait avec le papier peint, pas bricoleuse pour deux sous, c’est suffisant. Quelqu’un viendra bientôt pour tout embellir.

    Autre cerise sur le gâteau, elle arrive avec la cohorte des étudiant.es étranger.es. Ne nous emballons pas, même si c’est un chouilla détonnant, c’est plus pratique. Après tout nous venons de loin. N’oublions pas que nous avons eu le B.U.M.I.D.O.M, nous sommes vu.es autrement et cela elle va en faire tout de suite l’expérience. Je vous passe les détails, cela est une autre histoire et ne me définit pas. Le plus important, c’est que cela fera une joyeuse bande, au Resto U, pour organiser des fêtes à la Maison Bleue de Villejean.

    Au bout de ce parcours après avoir été professeur de français, de Lettres Modernes précisément, vacataire, contractuelle puis certifiée, me voilà bientôt en retraite anticipée. Je crois que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin, vous imaginez bien le tableau. Peut-être était-ce ce petit être fragile accroché à son pouce qui prenait trop de place, créait trop d’empêchements. Peut-être était-ce moi qui n’était pas compatible avec ce système.

    BUMIDOM : Bureau pour le développement des migrations intéressant les départements d’outre-mer.

    Se reconstruire par la création

    Comment se reconstruire ? Les mots posés auprès d’une spécialiste, sur des feuilles, dans des carnets et puis la danse, la danse (Aller jusqu’à Brest pour un stage de danse africaine contemporaine avec Patrick Acogny, traverser la France pour me rendre à une formation en danse libre et créative) mais aussi le théâtre et la découverte de l’improvisation théâtrale. À Rennes l’ADEC (Association du théâtre amateur) et le Grand Cordel ont été mes lieux refuges pour revenir à l’écriture.

    Du slam à la naissance de KREYON’

    Et puis il y a le slam, découvert à l’ADEC justement. Avec le slam tout se combine pour DIRE bien haut et fort ce qu’il me tient à cœur de déposer, de défendre.

    Et il y a aussi le Ballet des Hirondelles, pour l’impro théâtrale, à Sendets du côté de Bordeaux !

    De mon parcours à KREYON’

    Voilà je crois que je vous ai dit l’essentiel qui explique pourquoi l’association Kréyon’ est née. Pourquoi celles et ceux à qui elle espère proposer ses espaces sont avant tout nos diasporas caribéennes et africaines. Et pourquoi même si nos espaces sont dédiés, notre porte n’est pas fermée à la rencontre et au partage. Il y a toujours des échos possibles entre les expériences humaines.

    Les pratiques artistiques

    Écriture et poésie — Les mots, sur des feuilles et dans des carnets, accompagnent mon cheminement et mon retour à l’écriture.

    Slam — Avec le slam, découvert à l’ADEC, tout se combine pour dire haut et fort ce qu’il me tient à cœur de déposer et de défendre.

    Danse — La danse africaine contemporaine et la danse libre et créative font partie de mon parcours, des stages et des formations que je suis allée chercher.

    Théâtre et improvisation — L’ADEC et le Grand Cordel à Rennes ont été mes lieux refuges pour revenir à l’écriture. Le Ballet des Hirondelles, à Sendets, fait aussi partie de mon cheminement en improvisation théâtrale.

    Un compagnon de route

    PS : Il faudra que je vous parle un jour de ce jeune Breton qui partait pour l’armée et qui a tout fait pour devenir le compagnon de route de cette jeune fille difficile à draguer. Ce jeune Breton sans qui je ne serais pas moi, si tellement héritière de mes ancêtres. Il paraît que c’est une belle histoire même si ce n’est pas un conte de fée, construire son couple est aussi un cheminement difficile.

    Photographies

    Portrait de MariCé avec un turban.
    Autoportrait de MariCé avec lunettes, bonnet léopard et écharpe.
    MariCé assise sur un tambour, les mains posées sur l’instrument.
    Deux personnes en mouvement lors de l’African Crossroad Workshop Danse à Rennes, 2023.
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    Liens officiels

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